mercredi 30 mai 2018

Travaux de rénovation : un terrain très favorable aux manœuvres frauduleuses

L’association de consommateurs UFC Que Choisir tire la sonnette d’alarme sur les manœuvres frauduleuses qui sévissent dans le domaine des travaux de rénovation et pointe du doigt les principaux acteurs de ces pratiques jugées abusives et frauduleuses. D’un côté, on retrouve les démarcheurs qui n’hésitent pas à user de stratégies de bas étage pour amadouer le client et d’un autre côté, on retrouve les banques qui trouvent leur compte en tant que complices de ces manœuvres. Les cas sont nombreux et le chiffre ne cesse de croître, plus particulièrement depuis la mise en place des crédits d’impôt sur la transition énergétique ou CITE. Les cas les plus recensés sont les fraudes relatives aux certificats d’économies d’énergie.

Travaux de rénovation dans la cuisine.



Du démarchage au harcèlement des consommateurs

Pour les sociétés de rénovation trop pressées de conclure un contrat, l’heure n’est plus au simple démarchage. Elles ne se contentent plus de proposer leurs services, elles harcèlent les prospects et leur force la main. Les tromperies en tout genre, les manœuvres d’intimidation, les menaces sont utilisées pour faire pression sur le propriétaire et l’obliger à s’engager dans les travaux. Certains démarcheurs se disent envoyés par la mairie et menacent même le propriétaire d’un risque d’amende si ce dernier ne réalise pas les travaux d’isolation. D’autres dupent le propriétaire en faisant signer un document censé être une évaluation énergétique alors qu’il s’agit bel et bien d’un bon de commande. Il existe même des démarcheurs qui prétendent que le diagnostic énergétique est obligatoire. Alors que certaines entreprises n’informent pas le client du délai légal de rétractation de 14 jours, il arrive également que la société de travaux exige un acompte bien avant ce délai de rétractation, ce qui est contraire à la loi.

Les banques complices des arnaques

Certaines banques elles aussi trouvent leur compte dans ce micmac réalisé par les sociétés de rénovation. Ainsi, 27% des litiges concernant les travaux de rénovation portaient sur le mode de financement des travaux. Certains établissements de crédit ont passé sous silence la possibilité pour certains ménages de bénéficier de l’éco-PTZ ou éco-prêt à taux zéro. En lieu et place, ces derniers ont ainsi payé le prix fort d’un prêt à la consommation classique avec un taux de crédit de 4% à 5,8%. Le choix de la banque pour financer les travaux de rénovation qui peuvent atteindre 20 000 € prend tout son sens lorsqu’on veut éviter de payer trop cher sa rénovation. La comparaison des services et des tarifs, comme celle proposée sur Détective Banque, est alors très importante. Pour corriger cette injustice et équilibrer la balance, l’association UFC Que choisir préconise d’une part la validation des prestations proposées par le démarcheur comme condition de financement par les banques et d’autre part, la vérification d’une livraison conforme au devis comme condition du déblocage des fonds en règlement des prestations du professionnel.

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